Dans l’histoire de la criminologie, peu d’outils ont eu un impact aussi radical que l’analyse ADN. Née dans les années 1980, cette science a révolutionné l’enquête criminelle, faisant tomber des alibis, condamnant des coupables et innocentant des personnes emprisonnées à tort. L’ADN est la signature génétique unique de chaque individu, un témoin silencieux mais infaillible que le coupable laisse derrière lui.
Qu’est-ce que l’analyse ADN ?
L’analyse ADN, ou génétique forensique, est une technique de laboratoire qui consiste à comparer des profils génétiques. L’objectif est de trouver une correspondance entre un échantillon d’ADN prélevé sur une scène de crime (une trace biologique comme du sang, des cheveux ou de la salive) et celui d’un suspect. La probabilité que deux personnes aient le même ADN est de un sur des milliards, ce qui fait de l’analyse ADN une preuve presque irréfutable.
Comment ça fonctionne ?
Le processus commence par la collecte minutieuse des échantillons sur la scène de crime. Les techniciens de la police scientifique utilisent des cotons-tiges et des lumières spéciales pour trouver les traces les plus infimes. Au laboratoire, l’ADN est d’abord extrait, puis copié des millions de fois grâce à une technique appelée PCR. Les scientifiques analysent ensuite des séquences d’ADN très spécifiques (STR) pour créer un profil génétique unique, qui est entré dans les bases de données.
L’histoire de l’ADN en justice
La première utilisation de l’ADN en justice a eu lieu en 1986 au Royaume-Uni, où le criminel Colin Pitchfork a été identifié et condamné pour deux viols et meurtres. Depuis, la technique a permis de résoudre des milliers d’affaires. L’un des exemples les plus marquants en France est celui de Francis Heaulme, le « tueur au pull vert », dont l’ADN retrouvé sur plusieurs scènes de crime a permis de relier des affaires non élucidées à son nom, résolvant des cold cases datant de plus de 20 ans.
L’ADN au service de la vérité
Aujourd’hui, l’analyse ADN est une étape incontournable de toute enquête criminelle. Les bases de données nationales, qui répertorient les profils génétiques des criminels, sont devenues des outils essentiels pour résoudre les crimes. L’ADN est la preuve ultime de la vérité, un allié puissant de la justice qui continue de faire parler les victimes des crimes les plus anciens.

