Suicide ou Meurtre – L’affaire Gwénolé Piot


En ce bel après-midi frais du 21 novembre 2020, Dennis, un habitant de Le Tronchet, promène son chien sur la route près de la forêt, quand soudain un VTTiste en sort et lui dit de ne pas y entrer parce que quelque chose de terrible s’y trouve. N’écoutant que son courage, Dennis s’enfonce dans la forêt et découvre le corps d’un jeune homme qui s’était pendu à un arbre. L’homme court chez lui à toute allure pour appeler les pompiers puis retourne vers la forêt pour attendre les secours. Gwénolé sera déclaré mort à leur arrivée et aucune enquête ne sera ouverte, malgré des incohérences dans le timing.

Gwénolé Piot est un jeune homme de 25 ans travaillant en tant que métallier soudeur. Il aime ce qu’il fait et adore chanter dans son groupe de Rap. Il s’entoure d’amis fidèles et a une relation attendrissante avec sa soeur Amélie. Cependant, sa vie privée est beaucoup plus tumultueuse. En effet, il est en couple avec une jeune femme qui lui a été infidèle et le couple a du mal à s’en remettre. Gwénolé lui a demandé de partir de la maison qu’ils ont achetée ensemble, mais la jeune femme refuse. Malgré tout, le jeune homme ne semblait pas dépressif ou ne montrait aucun signe de suicide. D’ailleurs, la veille de sa mort, le jeune homme avait organisé une soirée chez lui entre amis, où malheureusement sa compagne a fait éruption et l’aurait insulté devant tout le monde. 

UN TIMING UN PEU COMPATIBLE

Dans cette affaire, le temps va être un facteur crucial, il montrera des incohérences dans le soi-disant suicide du jeune homme. 

Le 21 novembre, Gwénolé téléphone à sa sœur à 15h03 et lui dit : « Ma sœur, tu vas m’en vouloir toute ma vie, mais je n’ai pas le choix, je n’ai pas le choix … », puis raccroche. Amélie affolée essaye de le rappeler, mais il ne répond plus. A 15h16, elle reçoit un SMS lui disant « Je vous aime du plus profond de mon coeur mais ma plaie est trop ouverte, je m’en remettrai jamais », un message qui sonne faux pour la sœur de Gwénolé car son frère ne lui a jamais dit « je t’aime ». En effet, ils ne savaient pas se le dire l’un à l’autre, c’est pourquoi ils utilisaient toujours l’emoji ❤️. 
Son corps inanimé sera retrouvé par Denis et le VTTiste vers 15h24, puis l’appel au secours sera passé à 15h29. D’après des experts, il est très improbable que Gwénolé ait pu mourir par pendaison en 8 minutes

UNE ENQUETE INEXISTANTE

Malgré ces incohérences dans le timing de sa mort, les gendarmes n’ont jamais ouvert d’enquête. C’est sans compter Amélie qui leur en a fait la demande à plusieurs reprises. Et ce pour une raison toute simple, lors de l’arrivée des pompiers sur les lieux, aucun médecin légiste n’était disponible, c’est souvent le cas dans les petites villes ou villages, il incombe donc à un médecin traitant de faire les premières constatations. Malheureusement, le professionnel de la santé n’a pas fait les contrôles d’usage et a déclaré Gwénolé mort par pendaison suite à un suicide. Les gendarmes n’ont donc pas vu la nécessité d’ouvrir une enquête ni de faire une autopsie. Ils ont rendu les affaires appartenant au jeune homme à sa compagne, qui s’était présentée spontanément à l’arrivée des secours. Une première question se pose alors, comment la jeune femme a-t-elle su qu’il s’agissait de son petit-ami pour arriver aussi vite sur les lieux ? Et la seconde question serait, pourquoi les gendarmes ont rendu les affaires du jeune homme à sa compagne plutôt qu’à sa famille, ils n’étaient pas mariés ?

UN MYSTERE QUI S’EPAISSIT 

Le mystère ne va pas s’arrêter là, bien au contraire ! En effet, c’est aux alentours de 19h30 qu’Amélie va recevoir un appel du père de la petite-amie, afin de lui annoncer que le jeune homme s’était suicidé. Une troisième question se pose, pourquoi c’est cet homme qui appelle la famille de Gwénolé et pas les gendarmes ou même la compagne ? 

Continuons dans le mystère, Amélie va apprendre que la jeune femme a décidé de faire incinérer son frère sans l’autorisation de personne. Les personnes du funérarium lui diront qu’elle avait affirmé qu’Amélie n’était pas en mesure de payer les obsèques de son frère, c’est pour cette raison que par gentillesse et compassion elle s’était proposée de le faire. Par chance, la sœur de Gwénolé est intervenue à temps et a refusé la crémation. 

Mais ce n’est pas tout, lorsqu’elle entre dans la salle où reposait le corps de son frère, elle s’aperçut que ce dernier était maquillé à outrance et elle va donc demander à ce qu’on lui retire tout ça afin qu’il paraisse plus « naturel », c’est alors qu’elle va remarquer des hématomes sur son visage. Ces hématomes ont été faits la nuit du 20 au 21 novembre avec certitude puisque le jeune homme avait posté une vidéo de lui où son visage ne portait aucune blessure. Elle va également remarquer qu’il ne porte pas de foulard, comme c’est généralement le cas avec les morts par pendaison afin de dissimuler les traces de corde sur le cou, sur son cou à lui n’apparaissaient que de légères lignes. 

APPEL A TEMOINS

Après avoir réclamé une autopsie ainsi qu’une enquête pour homicide qui lui a été refusée, Amélie s’est finalement tournée vers l’émission de Julien Courbet qui aide à faire rouvrir des enquêtes ou à retrouver des personnes portées disparues. 

C’est comme ça que l’équipe de journalistes et d’experts a mis en avant ces fameuses incohérences dans le timing de la mort de Gwénolé et a émis l’hypothèse qu’on l’aurait très probablement tué avant de le pendre. De plus, des témoignages ont convergé vers l’ex petit-ami de la compagne du jeune homme, qui serait lié au trafic de stupéfiants. Il était d’ailleurs en prison, jusqu’à la mort de Gwénolé. Des berlines noires l’auraient suivi un peu avant sa mort et auraient tourné autour du funérarium lors des veillées. 

TOUJOURS EN ATTENTE

Grâce à l’émission, nous savons à présent que les circonstances de la mort de Gwénolé Piot sembleraient tendre vers un homicide et non plus vers un suicide. Cependant, l’affaire reste toujours en standby et aucune enquête n’a été officiellement ouverte. 

Si vous possédez des éléments qui pourraient faire avancer l’affaire n’hésitez pas à contacter la gendarmerie au 02 99 48 02 40 ou par email cob.dol-de-bretagne@gendarmerie.interieur.gouv.fr

Vous pouvez également contacter l’émission Appel à Témoins via email appelatemoins@m6.fr

Sources
Forum
Carnet + Livret


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